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Confettis_

27:06:2004


Des confettis dans la montagne

Samedi 26 juin 2004 / Bidarray, Pays basque
Presque midi… pour des gens qui prétendent marcher en montagne, nous arrivons très tard. Vu le nombre de voitures garées, il se passe quelque chose de spécial ici. « Une course. » – Cycliste ? – Non, pédestre. – Ah bon. Les concurrents doivent enchaîner trois sommets, ce qui me paraît complètement extravagant. Sachant que, pour vous et moi, la conquête d’une seule de ces montagnes représente une ballade de cinq à six heures, et suffit pour occuper honorablement une journée, je suis déjà – à la seule idée de ce qui les attend – au bord de l’épuisement.
Loin de toute cette agitation qui ne nous concerne pas, nous partons (enfin) pour monter à l’Artzamendi. Placidement, parce qu’il commence à faire bien chaud, et persuadés que la montagne est à nous. Bientôt notre chemin en rejoint un autre, occupé par une file quasi ininterrompue d’humains transpirants : d’où sortent-ils ? Ah ! on les avait déjà oubliés, ce sont les participants à la fameuse course. Nous marchons depuis à peine une heure, eux attaquent leur troisième sommet. Le chemin devient vite à près aussi praticable que la Nationale 10 à la veille d’un long week-end. Nous nous arrêtons un temps pour secourir un jeune sportif affalé en plein milieu du chemin, épuisé. Il en est aux grandes questions existentielles : « Mais qu’est-ce que je fais là ? Etc. ». B. sort de son sac une barre énergétique. Quelques paroles de réconfort. Le jeune homme se requinque, nous continuons.
Au col, plusieurs spectateurs sont venus soutenir les coureurs… dont, à première vue, nous faisons partie ! Applaudissements, regards admiratifs. Nous détrompons (mollement). « Je ne suis pas un héros. » Nous abandonnons un moment les vrais concurrents concentrés sur leur performance, mâchoires crispées, démarche mécanique – pour nous accorder une bonne sieste. Il fait maintenant très chaud. Nous apprendrons le soir, que la première fille a fait la course en six heures, et le premier garçon en cinq – cela me semble surhumain. Je ne demande pas le temps du dernier.
Le lendemain dimanche, des confettis balisent le chemin de l’Iroubelacaskoa : répandus par poignées à chaque passage délicat, ils tracent en pointillés une bien belle jonchée, festive et éphémère. On ne peut pas imaginer meilleure signalétique.
Personne, aujourd’hui, dans la montagne : les vrais héros se reposent.
M.
—–
* l’Iparla, l’Iroubelacaskoa et l’Artzamendi, nous l’apprenons plus tard.

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