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Typographie et architecture

22:09:2007


Une imposante façade de pierre, sur quatre niveaux: arcades gothiques du 13e siècle en rez-de-chaussée, baies régulièrement ordonnancées dans les étages supérieurs, plus tardifs… C’est la maison natale de Champollion – le découvreur du secret des hiéroglyphes égyptiens, le traducteur de la “pierre de Rosette”.
C’est ici que la Ville de Figeac a décidé d’installer un “musée des écritures du monde”. 
Consultés sur ce projet, les architectes Alain Moatti et Henri Rivière eurent l’idée, puisqu’il était question d’écriture, de faire équipe avec un graphiste-typographe, Pierre di Sciullo – l’inventeur des “Gararond”, “Minimum”, “Quantange” et autres délices humoristiquement typographiques. L’équipe gagna le concours. Six ans plus tard, en ce samedi boudeur du mois de septembre, nous écoutons la longue litanie des discours d’inauguration du nouveau musée… Tout le temps de détailler le fruit de cette collaboration graphico-architecturale. La façade d’origine, dépouillée de toute menuiserie, laisse entr’apercevoir une seconde peau “graphique”, placée nettement en retrait. Grain de la pierre contre reflets brillants du cuivre : les siècles s’entrechoquent, l’histoire chavire…
 Ici, nul besoin d’enseigne: cette seconde façade, recouverte de glyphes et hiéroglyphes, idéogrammes, sceaux, symboles et caractères… est à elle seule un musée de l’écriture. De la naissance des écritures jusqu’à l’ère informatique, toutes les époques – et tous les continents – sont représentés à travers des cultures nomades ou sédentaires. Figurent ici, des lettres vivantes et des lettres mortes. Ecriture au quotidien, écriture magique, religieuse, de survie, didactique, signalétique, poétique… Et s’il n’y a pas de caractère Braille, eh bien, c’est qu’il semblait impossible de placer ici le moindre signe issu de cet alphabet, qui serait visible par tout le monde… sauf par les aveugles !
Étonnante confrontation entre graphisme et architecture, la façade aux 1000 lettres, moucharabieh typographique polyglotte du musée de l’écriture de Figeac, vaut bien le détour à elle seule. Quand un architecte a l’idée de s’associer les compétences d’un graphiste, et que celui-ci a l’ambition de faire autre chose qu’un décor… il se peut bien que l’on obtienne une belle surprise. Difficile, aprės une si magistrale introduction,  de ne pas franchir le seuil du musée ; c’est alors une toute une autre histoire qui commence…

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