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Vendredi 14 mars 2008

24:05:2013

Blocus Mars08

Vendredi 14 mars 2008. Une salle de classe de l’université de Pau. Au premier plan, à droite, un pan de mur blanc, dont on touche presque les motifs en triangle de la tapisserie. Sur ce mur un portrait. Le portrait d’un homme peint à la bombe. La peinture a débordé du pochoir et un léger cadre accidentel s’est dessiné autours de l’homme, en haut et à droite de lui. La lumière du flash fait briller la peinture noire.
L’homme brun en costume-cravate peint sur ce mur est Nicolas Sarkozy. Son visage est barré d’une croix blanche sous laquelle est écrit « BÂTARD » en majuscules. Le mot semble être écrit à la va-vite. Les lettres n’ont pas la même taille. Entre la première et la dernière lettre, la forme du mot s’est agrandie. De plus les quatre premières lettres sont très proches les une des autres, tandis que le R et le D comprennent un écart bien plus important.
La fac sort de quelques jours de blocus et voilà un des vestiges de cette manifestation. Tentant de faire un mai 68 en mars 2008, les étudiants palois ont investi leur université avec des banderoles et de nombreux dessins, peint à la bombe directement sur les murs.
Au deuxième plan, on peut voir un tableau noir. Presque noir. À gauche de l’image la craie blanche utilisée pour écrire a été étalée avec une brosse. Ainsi une énorme tache mange presque entièrement la surface du tableau. Et à la frontière de cette tache, quelques mots sont écrits. Au milieu est inscrit « intus et in cute », expression latine du poète Perse qui signifie « intérieurement et sous la peau ». La formule est soulignée. Le trait qui souligne la citation latine part de la tache blanche du tableau jusqu’à la fin du dernier mot. Ce trait connaît presque la même courbe que le mot « BÂTARD » du premier plan. On devine que la main du professeur qui a écrit ce mot a voulu appuyer cette citation. Il l’a souligné rapidement, nerveusement. Il s’est certainement retourné avec autant de nervosité après l’avoir écrit, faisant face à ses élèves. Son attitude transparaît de ce simple trait.
Sous cette citation du 1er siècle avant J-C et toujours à la frontière de la grosse tache blanche un nom est écrit : Leiris. Auteur majeur du XXe siècle. Le nom est lui aussi souligné. en partant du « E » jusqu’au « S », laissant le « L » orphelin. Le trait qui souligne le nom de Leiris n’est pas droit. Il s’agit d’une petite vaguelette, comprenant deux ponts vers le haut et un pont vers le bas. Sur les deux « i » du nom les points ne sont pas les mêmes. le premier connaît un mouvement vers le haut qui le fait ressembler à une apostrophe alors que le deuxième ressemble bien plus à un point, sans en être un complètement. Les deux points ont sans doute été ajoutés après les lettres. Deux points ajoutés rapidement pour finir le mot. Il s’agit de la même écriture que l’expression précédente, très certainement écrit et souligné par la même main, du même professeur pour le même cours. Cependant la taille du mot Leiris est deux fois plus grande que celle « d’intus et in cute. » la nervosité précédemment imaginée n’est pas aussi présente. Comme si « Leiris » avait été inscrit en premier et l’expression latine beaucoup plus tard.
Sous le tableau une gouttière en zinc permet de recevoir les bouts de craie. D’ailleurs un petit morceau y repose, juste sous le « r » de « Leiris ». Tout laisse à penser que c’est cette craie exactement qui a servi à inscrire les mots au tableau. La gouttière est maintenue au mur à l’aide de vis. On en aperçoit la silhouette pour trois d’entre elles. Selon l’écart entre elles la photo se coupe juste avant une quatrième vis. Au-dessus du tableau un large néon encastré dans un boîtier blanc permet d’éclairer la surface entière du tableau. Le mur est recouvert de larges panneaux de bois d’une vingtaine de centimètres chacun. Il s’agit probablement de lambris, assembler horizontalement. Au-dessus du tableau on peut distinguer quatre planches. Au contraire en bas on en voit que trois. Bien sûr le mur en est recouvert, mais le tableau en cache une grande partie. Ces planches sont peintes en blanc, à l’exception de la dernière qui est noir. La photo est en noir et blanc ce qui ne permet pas de savoir de quelle couleur est précisément cette planche. Cependant le tableau noir semble bien plus foncé ce qui laisse à penser que la planche est plutôt d’une couleur marron foncé, afin de ressembler le plus possible à du bois.

Agathe Sayegh, Pau

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